Roman lancinant, une caractéristique exacerbée par l’abondance de détails psychologiques qui font la matière de ce livre. La trame en effet, bien que devenant assez tôt suffisamment complexe pour en mesurer tous les enjeux, s’appuie sur une observation scrupuleuse des interactions entre, d’une part, les forces (et la ruse) des membres de la cellule d’enquête criminelle, les forces (et la ruse) des meurtriers en série (il s’agit bien du pluriel) et la force passive et instinctive du profileur Sebastian Bergman, en principe héros du roman.
Bien que je n’aie pas adhéré à l’intrigue, qui est somme toute assez banale et conventionnelle, j’ai amplement désiré suivre les personnages et deviner leur course. Malheureusement, je me vois également déçu à ce niveau, car le livre, nonobstant ses centaines de pages, est à suivre dans un troisième roman. Les fils qui créent l’adhésion entre les membres de la cellule d’enquête sont passionnants, mais l’intrigue à ce niveau évolue extrêmement lentement et les avancées se font au compte goutte. De fait, les auteurs semblent vouloir ménager les dénouements les plus personnels et les plus passionnants pour de nouveaux livres, enchaînant le lecteur à leur suite. Pour le plus grand bonheur de certains sans doute, alors que pour ma part, ils n’auront su me donner suffisamment de raisons pour me lancer dans une suite de près de 500 pages (Le tombeau), parue en 2014.
p. 508
Un groupe fonctionnait toujours mieux quand chacun acceptait son rôle et ne remettait pas en question celui des autres. C’était pour cela qu’il n’avait jamais réussi à s’intégrer. Remettre tout en question, c’était tout simplement sa manière d’être.
Hjorth, Michael et Hans Rosenfeldt