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Susini, Marie

Plein soleil

lundi 16 janvier 2017, par webmestre

Le livre de poche, 1972 [Éditions du Seuil, 1953], 160 p.

Mise en pension dans un couvent, une fillette sort de l’enfance. Les sensations de l’enfant sont vives, alors que graduellement, les naïvetés s’écroulent une à une, découvrant que la tendresse est déjouée par le mensonge et la réalité de la mort des êtres humains.

L’écriture va à l’essentiel, marquée d’une simplicité déchirante, douce et rude comme l’enfant qui est placé sous le soleil de Corse et en ressent tant les bienfaits que les mystères.

p. 13

« Les uns sont morts, les autres sont sur le continent. »

Et il faisait en même temps un geste qui signifiait qu’il ne savait pas au juste où ça se trouvait, ce continent, par rapport à nous, mais que c’était très loin et que c’était très vaste.

p. 68-69

« Oh ! Vanina, tu te souviendras de moi quand je n’y serai plus ? »

Et moi, je ne lui avais rien répondu à zia Paolella. J’avais envie de lui demander où elle serait quand elle n’y serait plus. Je ne lui avais rien répondu, parce que je ne pouvais rien lui répondre, avec ma gorge qui se nouait.

Je n’avais plus de goût à mordre mon pain, au bord de la rivière. Je ne savais plus qu’en faire, parce que c’est péché de jeter le pain, mais je n’avais plus de goût à mordre mon pain.

p. 135

La table de multiplication, imprimée au dos de mon cahier rouge, formait une ronde de pattes de mouches qui arrêtait net mes rêves : je ne comprenais rien aux chiffres.