Neuvième tome de la série du Journal d’une antiquaire, celui-ci relate les douloureuses pertes, sentimentales familiales et patrimoniales, d’un héritier dont la famille aisée se fait jouer par un proche. Ainsi sont perdues la grande maison constituant l’héritage, ainsi que les meubles de prix qui étaient transmis par tradition familiale. Enjeux bourgeois, certes, mais empreints d’une très grande sensibilité et de respect pour les biens qui s’entourent d’une valeur sentimentale. Ces renonciations accumulées s’ajoutent également à une perte encore plus difficile, celle de l’être aimé, dont les apparences laissent entendre une participation à la machination.
Parallèlement à la reconquête des biens perdus, le livre raconte aussi le long et difficile chemin menant à la reconquête amoureuse d’un couple attachant aux humeurs et aux affinités semblables dont les destins avaient été cruellement manipulés.
p. 60
— Vous, Patrice, vous dormez le matin ? Seriez-vous paresseux ?
p. 101
On ne commande pas à l’oubli. « Vouloir oublier quelqu’un, a dit La Bruyère, c’est y penser. »
p. 164
Demain, demain... Petit mot magique, clef des espoirs... Demain, roi du pays des hasards...
p. 173
— [...] Nous sommes d’ailleurs tous plus ou moins divisés sur nous-mêmes et c’est tantôt une face de notre personnalité, tantôt une autre que nous montrons, selon les circonstances, selon l’heure, selon la couleur du ciel ou des yeux que nous regardons.
p. 215
À cinq kilomètres de la place de la Nation, un reste de vie rurale s’accroche désespérément à ces hauteurs, comme un défi aux vandales de l’urbanisme utilitaire.
[...] N’était cette tour Eiffel dont la pointe grince sur l’ardoise du ciel, je pourrais croire que je suis à cent lieues de la capitale...
de Brémond d’Ars, Yvonne