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Larsson, Stieg

La fille qui rêvait d’un bidon d’essence et d’une allumette - Millénium 2

vendredi 14 juin 2013, par webmestre

Actes Sud, collection Actes noirs, traduit du suédois par Lena Grumbach et Marc de Gouvenain, 256p.

Quelque temps après la lecture du premier volume de la série de Stieg Larsson, il fait bon de retrouver l’auteur de Millénium. Son écriture précise, nette et détaillée, quasi chirugicale, alignée sur l’humanisme et - disons-le - la solidarité. Cette écriture nous place toujours dans la position privilégiée du spectateur de première loge. Évidemment, l’allure du récit et ses ramifications nous saisissent. Nous lisons. Nous dévorons. Nous compulsons. Saisis nous sommes. (Ça en devient indécent. Surtout quand on a bien autre chose à faire et que la culpabilité se met de la partie.) Cependant, malgré cette impulsion à compléter le parcours, notre point de vue privilégié se partage avec celui de l’auteur et communie avec le sien. D’accords nous sommes avec la liberté, la vie, le libre choix et l’épanouissement de chacun malgré tous ces empêcheurs et rabats-joie qui s’acharnent à détruire l’innocence - pas toutjours tout à fait innoncente - sans aucune vergogne pour arriver à leurs viles fins. De fait, je me suis souvent demandé si les gens qui n’appréciaient pas les bouquins de Larsson étaient ceux-là même qui ne partagent pas son parti pris humaniste. Ces gens là existent, et comment se comportent-ils à cette lecture ? Font-ils la moue alors qu’ils sont comme nous happés par les ressorts du récit et que, comme nous, ils veulent en connaître les dénouements ? Le méchant survivra-t-il ? Lisbeth ira-t-elle en enfer ?

Autement dit, leurs révoltes s’opposent-elles aux nôtres ?

p. 269

— Les dossiers sont une chose. Les êtres humains une autre.

p. 396

De plus, il y avait une grande différence entre le catholicisme et le judaïsme. Il allait à la synagogue parce qu’il cherchait la compagnie d’autres personnes. Les catholiques allaient à l’église parce qu’ils voulaient se trouver en paix avec Dieu. L’église invitait au silence et imposait que les visiteurs soient laissés tranquilles.