« Ouvrage de fiction nourri d’éléments et de faits... » préviennent les auteurs. Sur cette prémisse intéressante, se déroule une aventure contemporaine du commissaire Antoine Marcas, aux prises avec une loge franc-maçonnique faisant revivre la vengeance des Templiers, alors que parallèlement se déroulent les derniers jours mouvementés des fiers Templiers. La documentation de cette séquence est particulièrement riche et passionnante. Malheureusement, il n’en va pas autant pour la partie contemporaine et le pauvre commissaire nous semble se tirer d’affaire usant d’artifices et de façons de plus en plus invraisemblables.
Quelques extraits, et pour ouvrir l’appétit, une citation en forme d’aphorisme, p. 63 : — Allons ! Nous sommes spirituels nous aussi. Comme disait Léo : « Il faut faire avec humour les choses graves et avec sérieux les choses drôles. »
p. 181
— Enfin ! En ces temps rudes de compétitions économiques, il me paraît hasardeux de se priver d’un budget publicitaire annuel de neuf cent cinquante mille euros, non ?
La publicitaire comprit le message et radoucit le ton.
— J’accepte les décisions du conseil, mais, croyez-moi, on risque de les regretter par la suite.
En moins d’un quart d’heure, le sort de sept cent vingt-quatre cadres anonymes fut ainsi scellé par des hommes et des femmes qui ne les rencontreraient jamais, mais qui empocheraient dans l’année des dividendes largement supérieurs à ce que ces futurs chômeurs gagneraient durant une vie entière de labeur.
p. 260
Certains pourtant disaient que le secret des Assassins se trouvait à Alamut, le château de la secte en Perse, là où vivait leur maître suprême. On racontait que, dissimulés, derrière de hautes murailles, se trouvaient des jardins somptueux où on entendait parfois le rire cristallin de toutes jeunes filles. Et on ajoutait, en baissant la voix, que le Vieux de la Montagne, après leur avoir fait boire un philtre composé de plantes au pouvoir étrange, laissait une nuit et un jour, ses meilleurs combattants dans les mains expertes de ces beautés ensorcelantes. Quand ils se réveillaient, les guerriers fanatiques étaient convaincus d’avoir séjourné au paradis promis par Allah. Le maître suprême leur expliquait alors que la mort n’était rien, un simple passage pour que les combattans de Dieu puissent enfin jouir de cet Éden pour l’éternité.
p. 403
Péché de sodomie, au bûcher est promis. Nul doute que ces deux frères, pour sauver leur peau, avouraient tout ce qu’on leur demanderait.
Giacometti, Eric et Jacques Ravenne